Chez Dame Chlodyne

Blog d'une passionnée d'enluminure médiévale et de calligraphie latine.

10/25/2010

Un ouvrage de 1877 dont l'auteur est Gustave Fagniez

Etudes sur l'Industrie e la classe industrielle à Paris au XIIIème et au XIVème siècle

Il y a quelques mois, j'ai acheté cet ouvrage. Une mine de renseignements sur les corporations médiévales. Aujourd'hui je voulais porter l'attention sur quelques extraits des rôles de la taille car il y a un recensement des artisans inscrits dans les rôles de 1292 et de 1300.

Par ordre alphabétique je note :

Argent (batteurs d'), ouvriers qui réduisaient l'argent en plaques.
Azur (qui font), fabricants de bleu azur. 1292

Balanciers, fabricants de balances. 1292
Brésil (qui battent le).

Coffrières, coffriers, coffretiers. 1292

Encrières, encriers, fabricants d'encre. 1292
Enlumineurs. 1292
Escriners, faiseurs d'écrins, de boîtes.1292
Escueles d'étain (batteurs d').
Escueles d'étain (fabricants d')
Escueliers, fabricants d'écuelles, d'auges, d'outils en bois. 1292
Espicières, espiciers. 1292
Etain (bateresses d').

Fermaillers, fabrcants d'anneaux, de fermaux, de fermoirs de livres (voir le statut des fremaillers de laiton dans le Livre des métiers). 1292
Fueil (qui font le)

Lieurs, relieurs de livres.1292

Peintres. 1292
Pigneresses, ouvrières qui peignaient les matières textiles. 1292
Pigneresses de laine.
Pigneresses de soie.
Potières.
Potières d'étain.
Potiers de terre.

Teinturières, teinturiers (1292), teinturiers de robes (1292), teinturiers de soie.

Veluet (qui fait le), ouvrier en velours. 1292

Grâce à ce vieux livre, j'ai trouvé sur Internet une publication du Rôle de la taille de 1313 [téléchargement ici].
Ainsi je relève :

les paintres, paintresses
l'escuillier d'estain
l'espicier, l'espicière
le battéeur d'escuelles
la brunisseresse, le brunisseur d'or
la tainturière
la potière d'estain, le potier d'estain (estein), feseur de poz d'estain
la balancière, le balancier
le liéeur
le potier de terre
le tainurier, le tainturier de soie, maistre tainturier, vallet tainturier, tainturier d'escarlate
le potier de cuivre
le potier, vallet potier
le feiseur d'escuelles de piaustre

l'erbier
le libraire
l'escrivain

Dans la tierce queste saint Séverin
la rue du foein : thomasse l'enlumineresse, tavernière
la rue aux escrivain devers saint-séverin : jehan de macy, tavernier et parcheminier
l'autre renc. : Robert le fanier, tavernier et parcheminier
en la grant rue devers Garlande : Jehan de sevre, lieur de livres et tavernier
La seconde queste sainte Geneviève la Grant
La croiz hemon, du bout de la rue de la Bièvre jusques à Saint-Nicolas de chardonnay : Aaliz, l'encrière

Egalement en ligne, le rôle de la taille de 1292 publiés par Hector Géraud en 1837 [téléchargement ici].

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3/10/2010

Un outil du scribe oublié ...

Le Stylet


Tout le monde connait le mot stylo mais quel est son sens au moyen âge ?

Le style ou stylet désignait le nom d'un poinçon de fer ou d'os terminé par une lame plate et large. La pointe servait à écrire sur la cire des tablettes et la surface plate à effacer le tracé. On écrivait aussi avecdes stylets de bois ou d'argent.

Renseignons-nous un peu plus sur ce style (stilus en latin). Jean de Garlande, un auteur d'origine anglaise écrit au XIIIème siècle en France, le Dictionarius metricus (avec des mots rares souvent glosés en langues vernaculaires). Au chapitre 16, il est question d'un marchand, institor qui vend des couteaux et des stylets exposés devant lui.
Dans une des notes de son article, La première description des métiers de Paris : le Dictionarius de Jean de Garlande (vers 1220-1230), Frédérique Lachaud signale que ce genre de marchands pouvait correspondre à cette définition : « Chascun mercier vendant mercerie, qui tient estal ou qui met a terre ou tablette portant devant lui... ». Ainsi nous apprenons que les stylets peuvent se vendrent avec les cannivets et autres couteaux à pain et aussi des fourreaux.

Le stilus, nous dit A. Scheler dans sa Lexicographie, est un greffe (grafes), un poinçon pour écrire. Le stilarium est un étui à greffes, dit aussi greffier (grafier).

Voici quelques extraits en ancien français qui mentionnent le greffe :

"Les enfans qu'il avoit enseignié, l'ocidrent à grefes et à aleignes." (Nostris Grefe. Vitæ SS. Mss. ex Cod. 28. S. Vict. Paris. fol. 29. v°. col. 2. ubi de S. Felice).
Aleigne, alesne devenue alène : ce mot désigne d'abord un stylet puis vers 1200 un poinçon pour coudre le cuir employé par les cordonniers.
[à  noter dans Du Cange : stilus vel baculus studentis. ]

J'ai table, grefes et greffiers
Dont ge reçois de bons deniers,
De cez clercs de bones maailles.
Les Dits du mercier vers 1320.
Les uns se prennent à escrire
De greffes en tables de cire
Les autres suivent la coustume
De fourmer lettres a la plume
Et paignent dessus les peaux
Et de moutons et de veaux.
Poésie L'Orologe de la mort, vers 1376

Sur l'étui possible du stilus, on relèvera la citation de l'Inventaire de Charles V par Victor Gay dans son Glossaire archéologique :

"Un estuy ouvré de cuir fauve pendant à un laz à 2 petit boutons de perle et dans iceluy estuy a un petit greffe d'or tors." (vers 1380).

Sur la valeur des tablettes et d'un greffe, l'Argenterie de la Reine nous renseigne :

"A Jehan Bault, mercier, suivant la Cour, pour unes tablètes de bois blanc à escripre garnies de greffe, 5 s. t. " (vers 1455).


Ceci est pour ce qui concerne l'écriture.


Voyons maintenant ce que nous dit l'italien Cennino Cennini dans son Livre de l'art sur le style :

"Prends un style d'argent ou de laiton ou de n'importe quoi, pourvu que les pointes soient en argent fines comme il convient, polies et belles." Il était utilisé pour dessiner ou faire une esquisse sur un parchemin recouvert de poudre d'os et épousseté avec une patte de lièvre. Et plus loin : "Tu peux aussi, sans os, dessiner sur parchein, avec un style de plomb, c'est-à-dire fait de deux parties de plomb et d'une d'étain, bien battues au marteau."

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7/11/2009

L'Art au temps des rois maudits

Philippe le Bel et ses fils
Voici l'objet que j'ai remporté sur ebay. Je l'ai feuilleté en bibliothèque et il y a de nombreuses pages consacrées à l'enluminure. Le texte est rédigé par François Avril. J'ai hâte de recevoir ce catalogue d'exposition (en vente sur le net mais hors de prix).

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4/29/2009

La boîte de messager


Camille Enlhart et Victor Gay donnent une description détaillée de ce qu'étaient les boîtes à messager. "Les personnes riches et les adminstrations avaient des courriers chargés de porter leur correspondance". La boîte était fermée à clé et portée à la ceinture. Elle pouvait être en cuir bouilli ou en métal et s'ornait d'un blason.
Boîte de messager en cuivre du musée de Nantes. (photo prise par Beaujarret). Dimensions env. 15cm sur 8cm

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