Chez Dame Chlodyne

Blog d'une passionnée d'enluminure médiévale et de calligraphie latine.

8/04/2009

Parenthèse iconographique

En regardant le catalogue d'exposition L'Art au temps des rois maudits, j'ai trouvé la côte d'un manuscrit à Cambrai sous le numéro 87. Ce livre est enluminé par plusieurs mains et l'on voit de minuscules lettrines historiées qui tiennent deux trois lignes de texte en hauteur. Et à côté, dans les marges, ce sont de grands personnages peints d'une autre main d'un style plus récent. Ce livre enluminé est selon les spécialistes, des années 1310-1315.

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8/02/2009

Livre d'Heures

Savez-vous ce qu'est un livre d'Heures ? Vous avez tous entendu parlé des Très Riches Heures du Duc de Berry ? Le Best Seller du Moyen Age. Mais connaissez-vous les cycles iconographiques repris dans chaque livre d'heures ? Je vous propose de découvrir quelques pages de ces beaux manuscrits. Le texte s'est constitué à partir de celui du psautier et du bréviaire. On retient essentiellement :
  • le calendrier
  • l'office de la Vierge
  • les psaumes de la pénitence
  • les litanies
  • l'office des morts
L'office de la Vierge est toujours la partie la plus illustrée du manuscrit. On trouve les thèmes liés à l'Enfance du Christ.
  • Ainsi, l'office des matines (vers minuit) est accompagné de la représentation de l'Annonciation ;
  • puis pour laudes (vers trois heures du matin), la Visitation ;
  • pour prime (à six heures), la Nativité ;
  • pour tierce (vers neuf heures), l'Annonce aux Bergers ;
  • pour sexte (à midi), l'Adoration des Mages ;
  • pour nones (vers quinze heures), la Présentation au Temple ;
  • pour vêpres (à dix-huit heures), la Fuite en Egypte ou le Massacre des Innocens ;
  • pour complies (à vingt-et-une heures), le Couronnement de la Vierge.
Voyons maintenant quelques enluminures sur ce thème :
L'Annonciation

La Visitation

La Nativité

L'Annonce aux Bergers

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8/01/2009

Le Chauffage des ampoules de verre médiévales

En recherchant sur le net des infos sur les ampoules de verre médiévales, je suis tombé sur un livre de google books partiellement publié : Gemmes, verre coloré, fausses pierres précieuses au Moyen Age d'Anne-Françoise Cannella (p.341). L'auteur a traduit des recettes et notamment l'or mussif d'un traité technique médiéval. Il est dit qu'une ampoule de verre à long col étroit et à grande panse contenant du soufre et du sel amoniaque et du mercure est mise dans une poêle de terre qui puisse supporter le feu ; laquelle poêle contient des cendres de bois à brûler (l'ampoule étant mise sur ces cendres). Puis, la recette dit de mettre des cendres tout autour de l'ampoule jusqu'au milieu du ventre. Ensuite, la poêle est mise sur le four dans lequel on a fait un feut lent, l'ampoule étant laissée ouverte pour que l'humidité en sorte.
Sur cette enluminure, on voit la fabrication de la bière et l'ébullition du houblon dans des bassines sur un four chauffées avec un feu puissant (bibliothèque d'Ajuda de Lisbonne).

En faisant une recherche avec le mot four sur la mandragore (base de données de la bibliothèque nationale de France), j'ai trouvé un manuscrit du Livre des propriétés des choses, au chapitre sur les couleurs (bnf français 218 f.373). On y voit un artisan avec d'immenses ampoules de verre dont l'une est chauffée sur un four et recouvert à moitié de cendres.

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7/31/2009

Les sources iconographiques des ampoules

Voici quelques extraits d'enluminures glanées sur le site de la Mandragore (bibliothèque Nationale de France). On y voit des récipients, notamment des ampoules de verre dans l'atelier de scribes et d'enlumineurs à la fin du Moyen Age.

bnf latin 287 f.1 Ampoule de verre et boîte ronde à couvercle que l'on trouve chez les apothicaires

bnf latin 4915 f.1
Deux ampoules, l'une à large col et court, l'autre à col moyen et fin. Cette dernière, celle de droite sur l'image, a des filets sur la panse.

bnf espagnol 36 f.90
Ici, une ampoule de verre contenant un liquide rouge (à gauche), un gobelet à filets qui contient aussi un liquide rouge (au centre) et un récipient en verre à anse et large goulot (à droite).
Danièle Foy dans son ouvrage Le Verre médiéval et son artisanat en France méditerranéenne a indiqué que la hauteur du col des ampoules rapetississent au XIVème siècle. La hauteur de ces récipients pouvaient être en moyenne d'une douzaine de centimètres (p.193).

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7/03/2009

Des récipients pour les enlumineurs

J'ai la chance d'avoir quelques unes des publications des réceptaires médiévaux sur les couleurs. Ils ont été pendant longtemps mes livres de chevet. L'une des choses qui m'ai le plus marquée lorsque je lisais ces textes étaient les récipients. Pourquoi donc me direz-vous ? Parce que je me demandais comment j'allais bien pouvoir réaliser ces recettes et surtout dans quoi ? En effet, si le contenu du pot était important, le contenant n'était pas des moindre. Cet intérêt pour ces objets archéologiques, iconographiques ou textuels est donc né il y a quelques années. Je n'ai toujours pas élucidé ce grand mystère de fabrication. La difficulté première est de ce dire qu'il existe certainement un « régionalisme » tant pour la confection des couleurs que pour les récipients. D'un point de vue iconographique, j'ai une piste : le martyr de saint Prime qui a bu du plomb fondu. J'ai deux reproductions d'enluminures issues de Passionnaires des années 1200. En voici une image :

Le plomb était contenu dans des oules. Les réceptaires, eux aussi, parlent pour le minium (plomb cuit rougi), de oules. (Sur ces récipients voir un article précédent).
D'autres récipients sont mentionnés dans le manuscrit de Montpellier, le Liber Diversarum Artium (XIVème siècle) : vase (pot), ampulla (fiole), olla (oule), conc[h]a (coquillage), coclea (coquille), vasculo (petit pot), cornu (corne, cornet), coquela (pot de cuisine), mortario (mortier), pigmata (pot à couleurs), bacinar (bassin), cacabo (marmite), cuculla (?).
Nous trouvons là des récipients à l'usage des peintres tels qu'ils sont pour certains, représentés sur les enluminures. D'autres sont des ustensiles de cuisine ou de la vie quotidienne.

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4/29/2009

La mode du surcot sans manches


C'est dès le règne de Saint Louis que les hommes et les femmes adoptèrent le surcot sans manches. Avec cette mode, les manches seules de la cotte apparaissaient tranchant sur la couleur du surcot. Elles étaient faites d'une autre étoffe.
Dans la seconde moitié du XIIIème siècle apparaissent les surcots ouverts sur les côtés. Les fentes latérales s'étendent de l'aisselle jusqu'à la hanche. Un article de Perline la Tisserande nous apprend qu'on le nommait aussi "surcot à porte d'enfer".
Dans un autre article du même auteur, vous trouverez un patron dessiné du surcot sans manches [voir ici].
(sur le site d'Excalibur Dauphiné un fichier de patron à télécharger : LIEN) L'une des membres des Guerriers du Moyen Age, Dame Constance, a reconstitué ce costume [voir ici].
Voici une définition trouvée sur le net et assez complète sur le surcot :
Le surcot féminin: c'est une tunique de dessus, avec ou sans manches selon les périodes, fermée sur le devant avec une affiche (broche). Le surcot est souvent si long que, malgré la ceinture où pend l'aumônière, les femmes doivent le relever en marchant par un mouvement onduleux des hanches. Parfois le surcot est sans ceinture et se prolonge par un TRAIN (une traîne). Le surcot féminin aura ensuite sous les bras de très larges échancrures souvent bordées, au XIVème siècle, de fourrure, on lui donnera le nom de SURCOT OUVERT dont la mode sera de longue durée.

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3/06/2009

Les manuscrits et les dressoirs

J'ai trouvé un meuble qui servait aussi de lieu permanent ou temporaire au livre. Il s'agit du dressoir, vous savez ce meuble qui sert à exposer la vaisselle de service. Deux exemples que je vous montre (l'un tiré de V. Gay, l'autre de la base liber floridus) :

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3/02/2009

Les Couvertures des manuscrits (suite)

Voici quelques couvertures à queue retrouvées dans les enluminures :








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2/26/2009

Les livres manuscrits et leurs couvertures à queue

Une fois rentrée de deux après-midi de la bibliothèque, j'ai eu dans l'idée de faire un article sur ce qui me passionne en ce moment : les couvertures des livres manuscrits médiévaux.
Seuls les peintures sur panneaux et les inventaires nous livrent le secret de ces couvertures des riches bibliothèques. Peu de choses ont subsisté de tout ce luxe ! Clin d'oeil à l'article de Françoise Robin : Le Luxe des collections aux XIVème et XVème siècles dans Histoire des Bibliothèques françaises, les bibliothèques médiévales. L'auteur met le doigt sur cette richesse extérieure du livre. Ainsi on peut deviner sur cette image les fermoirs richement incrustés d'une pierre précieuse. Plus communément, c'était d'émaux héraldiques qu'ils se paraient.

Ici, l'on voit d'autres types de fermoirs. Un point commun à ces deux livres : la couverture blanche qui recouvre les ais (planchettes de bois rigidifiant le manuscrit) dont on voit l'épaisseur figurée à travers le tissu. La description de la couverture et de ses ornements est bien détaillée dans les inventaires de bibliothèques, tel que ceux de Charles V le Sage (Délisle : Recherches sur la Librairie de Charles V et Barrois, Bibliothèque protyypographie ...). [Pour en voir des extraits, il vous suffit de cliquer sur les liens qui renvoient aux éditions en ligne des références, soit partiellement soit en entier.]

Rabattues et terminées aux angles par des glands, les chemises permettent de rassembler les pans et s'utilisent comme des sacs. Ces glands se nomment "frazes". On se contente parfois d'une simple queue : morceau de tissu de la couverture dépassant de l'un des petits cotés et se rabattant.
Les volumes les plus précieux sont enfermés dans des boîtes, des étuis ou des chemises. On trouve sur cette peinture une bourse verte qui devait pouvoir s'attacher à la ceinture. On pouvait également y glisser un phylactère. (Les étuis et les chemises se supperposent parfois.) Vous aurez reconnu les peintures de Van der Weidden et Van Eyck.

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