Chez Dame Chlodyne

Blog d'une passionnée d'enluminure médiévale et de calligraphie latine.

10/26/2010

Medieval Design

Je ne résiste pas à vos montrer ce que pourraient être de futures commandes chez Medieval Design :





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11/20/2009

Ce que nous apprennent les livres de recettes de cuisine

Quelques exemples ...

De nos jours, pour faire chauffer la gomme arabique on utilise le bain marie. Cette technique du bain-marie était connue à  l'époque médiévale dans les cuisines. Le pot contenant une poule par exemple, était mis dans une poêle remplie d'eau qui devait bouillir tout le temps de la cuisson.

Couler par l'étamine (objet trouvé dans un réceptaire sur les couleurs) en cuisine se rapportait aux épices ou autres ingrédients qui avaient été broyés, et ce afin de modifier la consistance du mélange.

Les récipients en terre sont fait d'une telle matière qu'elle peut devenir poreuse. Ainsi, il est souvent précisé de prendre un pot n'ayant jamais servi. L'utilisation de plus en plus fréquente de la glaçure à l'intérieur des récipients permettra de palier ce type d'inconvénient.

Les pots munis de couvercles servaient en cas de cuisson prolongée à petit bouillon, afin d'obturer de façon plus efficace l'orifice du récipient. Pour une cuisson à l'étouffée, il fallait fermer le pot d'un couvercle avant de provoquer l'ébulition.

Les préparations culinaires se faisaient près des flammes ainsi que l'attestent certaines céramiques qui n'ont subi les atteintes de la chaleur que d'un seul côté. Lorsque c'était nécessaire, la cuisson devait se faire sur le charbon.

A noter : pour faire cuire les aliments, il fallait éviter l'airain (le bronze) et le cuivre. Ainsi on pourrait dire que ces ustensiles en métal pouvait caractériser des usages spéciaux, notamment comme ceux des officines d'artisans peintres, enlumineurs et alchimistes (et médecins et apothicaires ??).

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11/19/2009

Des éléments de réflexions sur les récipients et leurs rangements

La vaisselle céramique de table constitue un catalogue essentiellement formé de vases à cuire pouvant éventuellement servir au stockage des denrées. La vaisselle en bois tourné, très courante est formée d'écuelles et de bols. La cuisson se fait dans des vases en terre cuite (oules, coquemars) et dans des chaudrons de métal suspendus à une crémaillère de cheminée. Pour des raisons de coûts, le verre comme le métal a été longtemps réservé aux élites aristocratiques et aux riches bourgeois ; mais les fragments de verre trouvés en milieu villageois montrent qu'il commençait à être utilisés dans des milieux moins aisés dès le XIIIème siècle. Des contenants en verre tels que les flacons sont utilisés dans les milieu les plus fortunés.

Les modes de rangement sont très rudimentaires. Les objets peuvent être posés au sol ou disposés sur des étagères, dans de sniches ou encore suspendus à de simples clous ou crochets. Mais ils sont aussi souvent rangés dans des corres en bois. Le coffre ou la huche est ordinairement fabriqué en bois blanc ou en sapin ou chez les plus riches en noyer ou en chêne. Il est toujours à couvercle plat, fermé parfois d'une serrure et il peut servir de siège ou de table.

Extrait d'Objets archéologiques, objets du quotidien (Vivre au Moyen Age, Archéologie du quotidien en Normandie, XIIIèXVème siècles)

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11/18/2009

Ce que nous dit Lecoy de la Marche sur les récipients

D'après l'Art d'Enluminer

Résumé :
Des vases, des bocaux, des récipients de toute forme et de toute espèce. Il y a des godets contenant chacun une couleur différente et où l'enlumineur, après avoir opéré les mélanges du dernier moment, puise directement avec son pinceau. Il enferme aussi ses couleurs dans de petits sachets de parchemin. Il a pour dissoudre ou pour conserver les couleurs, des coquilles naturelles. Des flacons bouchés contiennent les enduits, les bitumes, les acides, les sels ; ils sont généralement en verre et en forme d'ampoule.
Quelques récipients sont faits pour aller au feu et sont plutôt en terre cuite vernissée, bassins, ecuelles. Cette couche vernissée ou emaillée protégeait à la fois le contenant contre les atteintes du fleu et le contenu contre l'odeur ou l'altération que pouvait produire le contact de la terre.
Les cornues servent à distiller ou à conserver les préparations chimiques ; ces récipients en forme de corne ne sont pas tous en verre mais sont naturelles notamment les cornes de boeur.

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9/30/2009

Les autres récipients en métal

Bronze, Argent, Etain, Plomb


C'est surtout dans le Livre des Divers Arts de Montpellier que l'on trouve mention de récipients en métal. Dans le Merrifield, on trouve seulement la mention d'un mortier de bronze.

  • Pas moins de onze "vases" de bronze sont nécessaires pour la fabrication des couleurs du réceptaire qui  nous intéresse (vase eneo).
  • un [cornet ?] de bronze (cuculla enea)
  • un gobelet de bronze (busulla enea)
  • On trouve aussi la mention de cornets d'argent ou d'étain (cornu argenteo vel stagneo).
  • un "vase" de plomb (in plombeo vase).

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9/28/2009

Les Récipients de Cuivre Médiévaux

Tels que nous les livrent les Réceptaires

Vous savez, les réceptaires ce sont ces livres de recettes ou traités techniques qui fournissent bon nombre renseignements sur la cuisine, la médecine ou bien encore la peinture.

Voici ce que j'ai relevé dans le manuscrit de Montpellier et dans le tome I de Mrs Merriefield :

  • ampoule de cuivre pure et très pure (parfois bouchée, donc munie d'un couvercle) : ampullam de puro cupro
  • cornet de cuivre : in cornu cupri vel argenti vel in coquela
  • pot de cuivre (muni d'un couvercle) : in vase cupreo cohoperculato
  • mortier de cuivre : uno mortario de cupro
D'après des fouilles récentes, il a pu être établi que le cuivre d'un atelier de bronzier se composait des mêmes teneurs en arsenic, antimoine, argent et nickel dans tous les types d’objet.
 N. Thomas, « Paris 75003 – Hôtel de Mongelas – Un atelier métallurgique du XIVe siècle : artisan ou industriel ?" ", in Actes des journées archéologiques d'Ile de France, 29 nov. 2003, Saint-Denis, 2006 p.3-11.

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9/24/2009

Quelques récipients trouvés en Bourgogne

Bourgogne médiévale, la mémoire du sol, 20 ans de recherches archéologiques

Dans cet ouvrage qu'a recommandé cet été un membre de l'excellent forum les "Guerriers du Moyen Age", on trouve quelques récipients dont les formes peuvent évoquer une utilisation pour la préparation des couleurs. [Cette recherche est juste intuitive ; elle permet de faire le tri parmi de nombreux récipients !]. Les dates de ce mobilier oscillent entre le VIème et le XVème siècle.

L'atelier de potiers des Poteries, à Tracy-sur-Loire (58), XIII-XVème siècles :
Types de vases trouvés dans la tessonnière du four 2 :
Ecuelle à pâte rouge à grège non glaçurée. Diamètre fond 11,8 cm, ouverture 19,5 cm, hauteur 6,2 cm. (voir dessin ci-dessus).


Bassin à boire. Alliage cuivreux. Hauteur 4,5 cm, diamètre 15 cm. (rapiécé).


Petite bouteille en terre cuite. Hauteur 13,9 cm. Décor de sillons horizontaux parallèles. Forme ovoïde avec base large et col étroit. Forme de tradition gallo-tomaine. Découvert dans une tombe. Seconde moitié du VIème siècle.



Verreries du VIème siècle : Coupe évasée, carafe (hauteur 17,5 cm), fiole [ampoule ?], deux vases campaniformes, gobelet.

Je renvoie à mes deux articles écrits il y a quelques semaines, à propos des récipients livrés par les textes de recettes de couleurs.

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8/01/2009

Le Chauffage des ampoules de verre médiévales

En recherchant sur le net des infos sur les ampoules de verre médiévales, je suis tombé sur un livre de google books partiellement publié : Gemmes, verre coloré, fausses pierres précieuses au Moyen Age d'Anne-Françoise Cannella (p.341). L'auteur a traduit des recettes et notamment l'or mussif d'un traité technique médiéval. Il est dit qu'une ampoule de verre à long col étroit et à grande panse contenant du soufre et du sel amoniaque et du mercure est mise dans une poêle de terre qui puisse supporter le feu ; laquelle poêle contient des cendres de bois à brûler (l'ampoule étant mise sur ces cendres). Puis, la recette dit de mettre des cendres tout autour de l'ampoule jusqu'au milieu du ventre. Ensuite, la poêle est mise sur le four dans lequel on a fait un feut lent, l'ampoule étant laissée ouverte pour que l'humidité en sorte.
Sur cette enluminure, on voit la fabrication de la bière et l'ébullition du houblon dans des bassines sur un four chauffées avec un feu puissant (bibliothèque d'Ajuda de Lisbonne).

En faisant une recherche avec le mot four sur la mandragore (base de données de la bibliothèque nationale de France), j'ai trouvé un manuscrit du Livre des propriétés des choses, au chapitre sur les couleurs (bnf français 218 f.373). On y voit un artisan avec d'immenses ampoules de verre dont l'une est chauffée sur un four et recouvert à moitié de cendres.

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7/31/2009

Les sources iconographiques des ampoules

Voici quelques extraits d'enluminures glanées sur le site de la Mandragore (bibliothèque Nationale de France). On y voit des récipients, notamment des ampoules de verre dans l'atelier de scribes et d'enlumineurs à la fin du Moyen Age.

bnf latin 287 f.1 Ampoule de verre et boîte ronde à couvercle que l'on trouve chez les apothicaires

bnf latin 4915 f.1
Deux ampoules, l'une à large col et court, l'autre à col moyen et fin. Cette dernière, celle de droite sur l'image, a des filets sur la panse.

bnf espagnol 36 f.90
Ici, une ampoule de verre contenant un liquide rouge (à gauche), un gobelet à filets qui contient aussi un liquide rouge (au centre) et un récipient en verre à anse et large goulot (à droite).
Danièle Foy dans son ouvrage Le Verre médiéval et son artisanat en France méditerranéenne a indiqué que la hauteur du col des ampoules rapetississent au XIVème siècle. La hauteur de ces récipients pouvaient être en moyenne d'une douzaine de centimètres (p.193).

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7/30/2009

Une ampoule de verre du IIème siècle en Syrie

Lecoy de la Marche parle d'ampoules de verre à col court. J'ai trouvé sur le net une ampoule orientale de ce type datant du deuxième siècle :

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7/23/2009

Les récipients des officines des enlumineurs

Voici les récipients qui composaient l'officine laïque de l'enlumineur. Ils ont été décrits par Lecoy de la Marche, dans un article sur le De Arte Illuminandi. Des fourneaux allumés Des réservoirs pour la cendre, pour la chaux, pour le plâtre pour la terre de jardin des plaques de marbre des mortier de pierre des vases des bocaux Les mortiers et les tables sur lesquelles sont broyées les couleurs ou les substances colorantes : porphyre, pierre, marbre, mortier de marbre, mortier d'airain (cuivre et étain). Des godets contenant chacun une couleur différente où l'on fait les mélanges du dernier moment, où l'on puise directement avec son pinceau. petits sachets de parchemin des coquille naturelles des flacons bouchés contiennent des enduits, des bitumes, des acides, des sels. Ils sont en verre et en forme d'ampoule, cad qu'ils ont un cou large et court. Certains sont en terre cuite vernissée pour aller sur le feu. Bassins de terre cuite vernissée écuelles de terre cuite vernissée les cornues servent à distiller ou à conserver les préparations chimiques, certaines sont en verre d'autres en corne couvercles en terre cuite mis sur les vases au feu briques creuses pour faire sécher certains amalgames urnes de pierre pour recueillir et garder l'eau de pluie bassins de laiton pour faire le noir de fumée des vases servant uniquement de mesures pour les liquides les poids mis dans le plateau de sa balance sont l'once et le drachme (un huitième d'once)

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7/21/2009

Recettes de couleurs

Le Rouge de brésil
On utilise le bois de brésil pour teindre et pour peindre. Le Moyen Age l'importe des Indes et de Ceylan. On l'appelle bois de brésil, en raison de sa couleur de braise. On mélange le rouge de brésil avec de l'ocre jaune ou avec des bleus comme l'indigo et le lapis lazuli. On obtient un rouge, avec du blanc un rose pâle. Pour faire un rouge rosé, on passe le brésil sur du vermillon et on atténue ainsi la nuance orangée de cette couleur. On peut aussi ajouter du blanc à un mélange de brésil et de vermillon, cela donne des tons carmins plus ou moins clairs. L'apparition des laques de brésil en Occident remonte au moins au XIIème siècle. Le rouge de brésil supplante peu à peu le sandragon, le folium et les orseilles. Comme les épices, les pierres et les tissus pécieux, le brésil et d'autres matières tinctoriales d'Orient telles que l'indigo suivaient les routes commerciales jusqu'à Alexandrie, Byzance, Chypre et la petite Arménie. Le manuscrit de Montpellier dit que le bois de brésil venait d'Alexandrie.
Dans le Livre des Divers Arts de Montpellier (ms 277 de l'Ecole de médecine, XIVème siècle), l'auteur donne trois types de recettes pour faire du rouge de brésil.
1) avec de l'urine
2) avec du blanc d'oeuf et de l'eau gommée
3) avec de la chaux et de l'urine
1) on laisse macérer durant un jour et une nuit, les râclures du bois de brésil dans de l'urine dans un coquillage, conca [je suppose qu'il s'agit d'une coquille saint Jacques mais Jean-Pierre Rose, dans son mémoire de maîtrise où il a traduit en français les recettes, parle de cuvette]. Le lendemain, on ajoute de l'alun et on laisse reposer un jour. On filtre. On laisse sécher et ce qui se trouve au fond de conca, on le détrempe avec de la gomme ou du bland d'euf ou de la colle tiède.
2) on fait un mélange, dans un coquillage, coclea [J.-P. Rose traduit par une coupelle], de râclures de bois de brésil avec du blanc d'oeuf et de l'eau gommée (deux fois plus de blanc d'oeuf que d'eau gommée + de l'eau, moitié moins que l'eau gommée) et un grain de pois chiche d'alun. L'auteur de la recette ne dit pas combien de temps il faut laisser infuser.
3) On mêle de la chaux fraîche à de l'urine dans un petit pot adapté à cet usage, apto vasculo. On ajoute ce mélange au bois de brésil et on laisse reposer le tout pendant une demi-heure au moins. On verse ensuite le rouge de brésil sur du blanc d'Apulie, on ajoute un peu d'alun, du kermès préalablement délayé dans de la gomme arabique [n'ayant pas de kermès, on pourrait essayer avec la cochenille ?!] ce qui rougira la couleur. Le tout une fois séché se conservera des années.
Voici l'une des recettes en français que Jehan Lebègue ajoute au XVème siècle dans ses Librii colorum : 334. A faire couleur de roses vermeilles.— Raez bresil en un vaissel de terre plomme et y metez de lorine et aussi pouldre dalun, et le laissiez une nuit reposer, et a landemain le mettez sur les charbons sans flambe, et le faites tres bien boulir une onde ou deux, puis lostez du feu et mettez avec un pou de chaux vive en pouldre, et mellez tres bien ensamble, et ostez le cler, et mettez lespez secher pour garder et pour en ouvrez quant est besoing.
Le manuscrit de Le Bègue recense une vingtaine de recettes de laques de brésil. La recette suivante décrit un procédé pour faire un rose, procédé que nous n'avons pas encore vu.Il s'agit d'une extraction avec de la lessive (cendres filtrées avec de l'eau).On prend une lessive forte faite de cendres de être que l'on fait bouillir que l'on verse ensuite sur le bois de brésil dans une écuelle de terre vernissée, scutella terre vitreata. On laisse reposer une heure. On mélange ensuite des coquilles d'oeuf pilées avec de l'alun de roche auxquels on incorpore la lessive rougie par le brésil. (résumé issu de la traduction d'Inès Villela-Petit, Têchne n°4).
Le manuscrit Sloane 1754, Le Livre des couleurs pour l'enluminure et la peinture donne une longue recette pour transformer le bois de brésil. Il faut faire macérer le bois tinctorial dans un pot, vase avec du glaire d'oeuf. On ajoute de l'alun et quand la liqueur est saturée on la réserve dans une coquille, quoquilla.
Les formules divergent sur la couleur que l'on voulait obtenir. On peut avoir soit une laque rose opaque dite rosa ou rosetta à laquelle on a ajouté du blanc de plomb ou un blanc calcaire. On pouvait aussi obtenir de rouges et rouges violacés transparents qui servaient en glacis.
Bibliographie Article en ligne de l'IRHT sur le bois de brésil employé en enluminure

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7/04/2009

Les récipients des enlumineurs (suite)

Dans les Experimenta de coloribus pro illuminando libro copiées par Jean Lebègue en 1431, recettes transcrites et traduites par Mrs Merrifield pp.47-71, nous trouvons d'autres récipients utilisés pour fabriquer les couleurs. Ainsi l'on a : alembicum (alambique), olla (oule), ampulla (fiole), vas[e] (pot), scutella (écuelle), cornu (corne, cornet), conchilla (coquille d'huître). Un peu plus loin dans le texte, on trouve dans les Experimenta diversa alia quam de coloribus (Mrs Merrifield pp. 97-111), nous trouvons quelques recettes de couleurs. On a noté les récipients suivants : mortario (mortier), scutella (écuelle), vase (pot), olla (oule), catino (creuset), fiola (fiole). Vient ensuite le manuscrit de Pierre d'Audemar, De Coloribus Faciendis (Mrs Merrifield pp.112-165). Voici les récipients : olla (oule), patella (assiette), catrasia (tamis), vas[e] (pot), vasculo (petit pot), bacino (bassin), mortariolo (petit mortier), scutella (écuelle), cornu (corne, cornet), ampulla (fiole), forulo (casier ?), pixide (pixide), testa (coquillage).

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7/03/2009

Des récipients pour les enlumineurs

J'ai la chance d'avoir quelques unes des publications des réceptaires médiévaux sur les couleurs. Ils ont été pendant longtemps mes livres de chevet. L'une des choses qui m'ai le plus marquée lorsque je lisais ces textes étaient les récipients. Pourquoi donc me direz-vous ? Parce que je me demandais comment j'allais bien pouvoir réaliser ces recettes et surtout dans quoi ? En effet, si le contenu du pot était important, le contenant n'était pas des moindre. Cet intérêt pour ces objets archéologiques, iconographiques ou textuels est donc né il y a quelques années. Je n'ai toujours pas élucidé ce grand mystère de fabrication. La difficulté première est de ce dire qu'il existe certainement un « régionalisme » tant pour la confection des couleurs que pour les récipients. D'un point de vue iconographique, j'ai une piste : le martyr de saint Prime qui a bu du plomb fondu. J'ai deux reproductions d'enluminures issues de Passionnaires des années 1200. En voici une image :

Le plomb était contenu dans des oules. Les réceptaires, eux aussi, parlent pour le minium (plomb cuit rougi), de oules. (Sur ces récipients voir un article précédent).
D'autres récipients sont mentionnés dans le manuscrit de Montpellier, le Liber Diversarum Artium (XIVème siècle) : vase (pot), ampulla (fiole), olla (oule), conc[h]a (coquillage), coclea (coquille), vasculo (petit pot), cornu (corne, cornet), coquela (pot de cuisine), mortario (mortier), pigmata (pot à couleurs), bacinar (bassin), cacabo (marmite), cuculla (?).
Nous trouvons là des récipients à l'usage des peintres tels qu'ils sont pour certains, représentés sur les enluminures. D'autres sont des ustensiles de cuisine ou de la vie quotidienne.

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